La lettre scientifique du Groupe Frayssinet
Pierre LARCHER : Les médias et les politiques dans leur ensemble relayent le même message de précaution face à l’évolution climatique et la pollution des sols. Que peuvent en dire les experts du Groupe Frayssinet ?
Maurice VIEL : La communauté scientifique GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) est unanime, un processus de mutation climatique majeur, enclenché par notre développement économique depuis 150 ans, menace l’avenir de notre planète. Les deux facteurs principaux de dégradations planétaires sont l’émanation des gaz à effet de serre et la diffusion nocive des produits chimiques de synthèse. La notion de développement durable nécessite une mobilisation générale initiée en France par le Grenelle de l’environnement. Une croissance écologique doit être intégrée rapidement à l’ensemble de nos systèmes économiques et notamment dans le domaine agricole.
Pierre LARCHER : Quelle est la position, le rôle ou l’implication du Groupe Frayssinet dans cet état d’urgence ?
Gilbert GARAPIN : L’éco-conception n’est pas un phénomène de mode pour nous. C’est un engagement de notre Entreprise de très longue date. Nos fertilisants organiques sont pleinement en harmonie avec le maintien écologique des sols.
Pierre LARCHER : Dans votre métier de l’agro-fourniture un virage vers les éco-produits est indispensable mais ne craignez-vous pas certaines mésaventures encore ?
Maurice VIEL : Comme dans tous les domaines, nous craignons les entreprises opportunistes qui n’hésiteront pas à « verdir » leurs offres produits. En effet, les produits résiduaires organiques, composts de boues urbaines, composts de déchets verts, composts de fermentescibles ménagers ainsi que les fertilisants de synthèse, sont une menace certaine de pollutions diffuses pour les milieux naturels.
Pierre LARCHER : Pourtant ces produits font l’objet d’une réglementation ?
Gilbert GARAPIN : Les normes fertilisants AFNOR 44095, 44051 et 42001 intègrent ces produits sans pouvoir garantir leur efficacité et leur innocuité compte-tenu de l’hétérogénéité des gisements et de la multitude non décelable des polluants chimiques présents, métaux lourds, polluants organiques persistants, substances cancérigènes, mutagènes et bio-accumulables.
Pierre LARCHER : Comment se prémunir contre de tels risques ?
Maurice VIEL : Face à « l’urgence écologique », il est nécessaire d’appliquer le principe de précaution en utilisant des produits les plus sécurisés possible, d’origine naturelle et traditionnelle. Seules ces restitutions organiques peuvent garantir le bon rétablissement du cycle du carbone et de la fertilité humique de notre terre.
Propos recueillis dans le cadre d’une rencontre du Comité de professionnels* par Pierre LARCHER
*Le Comité de Professionnels créé en 2002 regroupe des experts judiciaires près de la Cour d’Appel, des experts en mycotoxicologie, en phytopharmacie, des ingénieurs de recherche et de Laboratoire (arboriculture, viticulture et espaces verts), des conseillers techniques et présidents d’associations, des conseillers agronomiques, des professeurs. CIRAD - IRD Montpellier, Université des Sciences de Montpellier, Chambres d’Agriculture et Comités Interprofessionnels.
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